Qui sont les Thérèses ?

 

Elles sont six. Solidaires et complémentaires. Le pluriel apporté au prénom manifeste d’ailleurs volontiers de cette idée.

Elles sont six, parce que le temps et les nécessités de leurs tâches l’ont voulu ainsi, au service des artistes et de leurs projets. Mais attention, ce ne sont ni des saintes – même si elles ont l’ardeur de leur passion -, ni des comptables – même si elles manient volontiers les budgets -, ni des prestataires de services, et dieu sait pourtant qu’elles savent pourvoir à tout, ou presque. Et surtout pas des nounous, car si elles sont aux petits soins des compagnies qu’elles accompagnent, de la manière la plus enjouée et la plus efficace, elles ne les maternent pas.

Les Thérèses sont passionnées, engagées, militantes, elles mettent au service des autres leurs compétences et leur connaissance appropriée du secteur culturel, de sa spécificité, de ses réseaux, de ses personnalités, de ses arcanes, de ses embûches aussi.

Elles font partie intégrante de l’équipe, au même titre que le metteur en scène, les interprètes, le scénographe ou les techniciens. Et telle des vigies, elles veillent à rendre possible le projet porté en commun. De toute leur force, de toute leur âme. Et avec amour de la chose bien faite. Il y a eu dans l’Histoire des Thérèse carmélite, infante, économiste, philosophe, politicienne, professeur émérite. J’en connais sept aujourd’hui qui, trop modeste pour vouloir servir l’Histoire, ont le mérite et la vertu de servir les hommes de l’Art. Parce qu’elle les aiment tout simplement, qu’ils soient de scène, de piste ou de bitume. Imitant Voltaire, il est donc aisé – mais point désinvolte – de dire en cet instant : j’estime fort cette aventure des Thérèses, tout est humain en leur fait.

Thierry Voisin
Historien
Président de l’Observatoire des arts de la Rue